Je ne suis pas un pèlerin, du moins pas encore...Peut-être le deviendrais-je un jour, par la force des choses, avec l’âge, selon que j’aurais des
comptes à régler ou pas avec l’Alpha et l’Omega. Pour l’heure, je ne suis qu’un passant, un quidam, un être lambda qui, au gré de ses pérégrinations, voudrait faire part de ses émotions à autrui.
Il ne s’agit pas simplement de décrire quelque bâtiment vétuste en l’affublant de mots soyeux et garnis, ni même de faire une apologie religieuse. Non, je voudrais simplement décrire les Hommes,
en observant ce qui peut naître de leurs mains : une cathédrale, un jardin paysager, une ville, une simple rue ou encore un « vulgaire » restaurant. Tout ce que l’humain a bien pu imaginer et
imagine encore d’exceptionnel, de simple, de sacré ou encore d’immense.
Comment, en entrant dans un lieu de culte, ne pas être envahi par cette odeur d’histoire, et rien qu’en levant la tête ne pas avoir le vertige sous des voûtes qui semblent vous écraser du haut de
leur âge ? On se sent, c’est irrémédiable, comme absorbé par les siècles passés, qui du moindre dallage à la plus infime sculpture, vous imposent le travail des hommes en même temps que le
respect. Il faut savoir que la construction d’une cathédrale offrait du travail à deux ou trois générations d’ouvriers, et lorsque l’aïeul posait les premières pierres, il ne voyait bien souvent
pas l’infime sculpture que son arrière petit fils achevait. Il faut bien pour cela que l’Homme soit soutenu par quelque puissance spirituelle. Il semble que ce soit une puissance qu’il trouve
dans son cœur, et dont nul ne saurait le priver.
La nature fait de très belles choses, et ce depuis que le monde est monde. L’Homme, quand il ne lui nuit pas, sait l’embellir. Se balader et observer donne à penser que les gens n’ont pour
une grande partie plus les valeurs d’avant, celles que l’on vous inculquait autrefois au prix du silence. Il suffisait de regarder un homme bon vous montrer le chemin, vous offrir le fruit de son
expérience, pour grandir comme une plante qui monte vers le soleil ; nul besoin de livres pour comprendre que l’Amour et l’Espoir sont à la base de bien des choses. Le regard de l’Homme reste à
jamais celui de l’enfant qu’il fut, et quand bien même l’on se trouve face à face avec la méchanceté ou la violence, c’est autant de mal être qui demande à sortir. Nombre d’entre nous n’ont plus
beaucoup de projets, nos sociétés se veulent de plus en plus capitalistes, le travail vient à manquer...et c’est de là que naissent les conflits, avec des Hommes tellement à bout que leur
progéniture naît déjà égratignée. Les siècles passés avaient cela en plus que l’on pouvait être heureux de beaucoup moins, ce qui fait que l’on pouvait entreprendre de grandes choses pourvu que
l’on ne soit pas complètement démuni. Et c’est de là que naquirent les plus beaux édifices, les plus belles œuvres d’art, les plus grands écrits...
Pour un peu je ferai l’apologie du classicisme, tant les mœurs actuelles me semblent futiles et peu constructives. Bien sûr, une bonne partie des Hommes est encore loin d’être manipulée par
l’argent, et est capables de créer de belles choses à la force du poignet et/ou de l’esprit. Nombre d’intellectuels oeuvrent pour l’Homme, quand ce n’est pas de la publicité ou de la fausse
médiatisation. Mais à trop vouloir le progrès nous nous sommes perdus peu à peu, au détriment des valeurs morales et vitales qui nous animaient autrefois.
L’Homme est bon par essence, mais il est victime de ses idées étranges et de son besoin de travailler toujours plus pour son confort. Mais existe-t-il aujourd’hui une seule personne capable de
créer quelque chose de si pur, de si beau qu’elle n’aurait d’égal que la nature ?
Aussi j’aimerais, au travers de ces quelques écrits, montrer que l’Homme est capable de grandes choses, et qu’il n’y a de grandeur d’âme que la façon, la plus timide soit-elle, de
donner encore et toujours plus de soi-même à autrui, par n’importe quel moyen ; de la plus belle cathédrale à la simple main tendue, sous l’égide d’un Dieu universel ou par pure conviction
personnelle, pourvu que les passants que nous sommes croisent, au hasard des chemins, ce petit rien d’inattendu qui capte notre attention. Juste de quoi devenir, l’espace d’un instant, cet enfant
à qui l’on montrait le chemin en silence.